Anatomie du périnée : comprendre votre plancher pelvien

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Information médicale importante : Cet article est rédigé à titre informatif et pédagogique. Il ne remplace pas un avis médical ni une consultation avec un professionnel de santé. Pour tout symptôme ou trouble concernant votre périnée, consultez votre médecin, votre sage-femme ou un(e) kinésithérapeute spécialisé(e) en rééducation pelvi-périnéale.
L’essentiel à retenir

L’anatomie du périnée, c’est la base pour comprendre cette zone clé de votre corps et mieux en prendre soin au quotidien.

  • Le périnée est un ensemble de muscles situé entre le pubis et le coccyx, formant le plancher du bassin.
  • Il comprend deux plans musculaires principaux : le plan superficiel et le plan profond, avec le muscle releveur de l’anus comme pièce maîtresse.
  • Chez la femme, trois orifices le traversent : l’urètre, le vagin et l’anus.
  • Ses fonctions essentielles : continence, soutien des organes pelviens, plaisir sexuel et participation à la respiration.
  • Grossesse, accouchement et ménopause sont ses principaux fragilisants, mais la rééducation périnéale reste accessible et efficace.

Le périnée, vous en avez peut-être entendu parler lors d’une grossesse, ou après un accouchement. Parfois dans le cabinet d’une kinésithérapeute. Mais rarement ailleurs, comme si cette zone de votre corps n’existait que dans les situations médicales. C’est dommage.

Parce qu’en réalité, votre périnée travaille en permanence : à chaque respiration, à chaque fou rire, à chaque effort physique. Il ne prend pas de vacances, lui. Et pourtant, la plupart d’entre nous ne connaissons pas vraiment son anatomie, ni même où il se trouve précisément.

Voilà ce qu’on va changer ici. Sans jargon inutile, sans tabou, avec les mots qui font sens dans la vraie vie. Parce que mieux connaître son périnée, c’est mieux connaître son corps, et ça change beaucoup de choses dans la façon dont on en prend soin.

Où se trouve exactement le périnée ?

Le périnée (ou plancher pelvien) est une zone anatomique qui ferme le bas du pelvis, comme un hamac musculaire tendu entre les os de votre bassin. Il s’étend du pubis (à l’avant) jusqu’au coccyx (à l’arrière), et s’appuie latéralement sur les deux ischions, ces petits os sur lesquels vous vous asseyez.

Cette zone n’est pas plane. Elle forme une cavité légèrement incurvée, orientée vers le bas, qui s’interpose entre l’intérieur du bassin et l’extérieur du corps.

Chez la femme, le périnée est traversé par trois orifices :

  • l’urètre, le canal par lequel l’urine s’écoule,
  • le vagin, orifice génital et canal d’accouchement,
  • l’anus, orifice de l’appareil digestif.

Ces trois passages, spécifiques à l’anatomie féminine, rendent le périnée de la femme structurellement plus complexe que celui de l’homme, qui ne comporte que deux orifices. C’est l’une des raisons pour lesquelles les femmes sont davantage exposées aux troubles périnéaux tout au long de leur vie.

Au-dessus du périnée, directement soutenus par lui, se trouvent les organes pelviens : la vessie (à l’avant), l’utérus (au centre) et le rectum (à l’arrière). Quand le périnée est solide, ces organes restent en place. Quand il se fragilise, ils peuvent descendre progressivement, un phénomène décrit en détail dans notre guide sur le périnée féminin.

Les muscles du périnée féminin : deux plans à connaître

Le périnée n’est pas un muscle unique. C’est un ensemble de muscles et de fascias (des enveloppes conjonctives qui relient et enveloppent les structures musculaires) organisés en couches superposées. On distingue classiquement deux plans principaux.

Le plan superficiel : les gardiens des orifices

La couche superficielle du périnée est la plus externe, celle qui se trouve directement sous la peau. Elle comprend plusieurs muscles qui entourent les orifices et assurent leur fermeture active.

Les principaux sont les muscles bulbo-spongieux, qui ceinturent le vagin et le clitoris, les muscles ischio-caverneux, situés de part et d’autre des branches ischiopubiennes, et le sphincter externe de l’anus, qui assure la continence anale volontaire.

C’est à ce niveau que peuvent survenir des déchirures lors de l’accouchement, ou qu’une épisiotomie est pratiquée lorsque les tissus manquent d’élasticité. Les lésions de cette couche superficielle peuvent entraîner des douleurs locales, des cicatrices sensibles (notamment à l’entrée du vagin) ou des troubles de la continence anale.

Le plan profond : le releveur de l’anus, chef d’orchestre

Le plan profond est dominé par un muscle clé : le muscle releveur de l’anus (ou releveur anal). Il s’étend en éventail entre le pubis, le coccyx et les parois latérales du pelvis, formant une véritable sangle musculaire continue sous les organes. C’est lui le chef d’orchestre du périnée.

C’est ce muscle qu’on sollicite lors des exercices de rééducation périnéale, ceux que les kinésithérapeutes et les sages-femmes enseignent. Bizarrement, beaucoup de femmes ne savent pas vraiment où il se trouve ni comment le contracter, et c’est souvent l’un des premiers objectifs du bilan périnéal.

Le releveur de l’anus travaille aussi en synergie avec le muscle coccygien pour assurer la stabilité pelvienne permanente, même en position debout.

Schéma simplifié du périnée féminin montrant le plan superficiel et le releveur de l'anus avec les trois orifices

À quoi sert le périnée : les 4 fonctions essentielles

Un périnée en bonne santé remplit quatre grandes fonctions dans votre corps, souvent de façon invisible et automatique.

1. La continence urinaire et anale

Le périnée contrôle l’ouverture et la fermeture des sphincters de l’urètre et de l’anus. Lorsqu’il est tonique, il maintient une pression de fermeture suffisante même lors d’efforts intenses (toux, éternuements, rire, saut). Lorsqu’il est affaibli, cette pression devient insuffisante et des fuites urinaires peuvent apparaître : c’est l’incontinence urinaire d’effort, la forme la plus fréquente chez la femme.

Selon les données de l’Assurance Maladie (Ameli.fr), l’incontinence urinaire concerne environ 1 femme sur 3 après 70 ans, et se répartit entre incontinence d’effort (40 % des cas) et incontinence mixte (50 % des cas). Ces chiffres soulignent avant tout l’importance d’une prise en charge adaptée, qui existe et qui fonctionne.

2. Le soutien des organes pelviens

Le releveur de l’anus soutient en permanence la vessie, l’utérus et le rectum. Si ce soutien se relâche, les organes peuvent descendre progressivement : c’est le prolapsus génital, encore appelé descente d’organes. Un phénomène plus fréquent qu’on ne le croit et qui mérite d’être connu pour être dépistable tôt.

3. La fonction sexuelle

Le périnée joue un rôle direct dans le plaisir sexuel féminin. Les muscles bulbo-spongieux, qui entourent le vagin et le clitoris, contribuent à la sensibilité et à l’excitation lors des rapports. Un périnée détendu mais tonique favorise le plaisir. Un périnée en hypertonie, c’est-à-dire contracté en permanence de façon involontaire, peut au contraire provoquer des douleurs à la pénétration, appelées dyspareunies.

4. La respiration et la posture

Ce lien est moins connu, mais bien réel : le périnée travaille en synergie avec le diaphragme respiratoire. À chaque inspiration, la pression abdominale augmente et le périnée s’abaisse légèrement pour l’absorber. À chaque expiration, il remonte. Ce rythme permanent explique pourquoi les exercices respiratoires sont systématiquement intégrés dans les séances de rééducation périnéale.

Femme faisant des exercices de renforcement et de relaxation du périnée sur un tapis de yoga dans un espace lumineux

Ce qui fragilise le périnée : les moments clés à connaître

Le périnée peut s’affaiblir sous l’effet de plusieurs facteurs. La plupart correspondent à des étapes très concrètes de la vie féminine.

La grossesse est la première cause de sollicitation intensive. Pendant neuf mois, le périnée supporte le poids croissant de l’utérus, du bébé et du liquide amniotique, une pression continue qui fatigue progressivement les muscles, même avant l’accouchement.

L’accouchement par voie basse amplifie cette sollicitation. Le passage du bébé distend les structures musculaires et peut provoquer des déchirures périnéales ou des lésions du sphincter anal. C’est pourquoi le Collège National des Sages-Femmes recommande une rééducation périnéale après tout accouchement. En France, 10 séances sont prises en charge par l’Assurance Maladie sur prescription.

La ménopause constitue un deuxième tournant important. La chute des oestrogènes provoque une atrophie progressive des tissus pelviens : muqueuses plus fines, muscles moins toniques, ligaments de soutien plus lâches. Des symptômes peuvent apparaître pour la première fois à cette période, ou des troubles anciens reprendre après des années de silence.

D’autres facteurs jouent également un rôle, identifiés par Ameli.fr comme facteurs de risque de l’incontinence urinaire : le surpoids, la constipation chronique (qui entraîne des efforts répétés à la selle), la toux chronique, et certains sports à fort impact pratiqués sans renforcement périnéal adapté (course à pied intensive, sauts, haltérophilie).

Connaître ces facteurs ne sert pas à les craindre, mais à adapter son mode de vie et à ne pas laisser des symptômes s’installer. Les techniques de rééducation périnéale sont aujourd’hui accessibles et efficaces, à n’importe quel âge.

Connaître son périnée, ce n’est pas un exercice médical réservé aux femmes enceintes ou à celles qui traversent un trouble périnéal. C’est simplement habiter son corps avec un peu plus de conscience. Cette connaissance-là, on peut l’acquérir à n’importe quel moment de sa vie, à 25 ans comme à 60 ans, que l’on ait accouché ou non, que l’on ressente des symptômes ou pas encore. Le périnée est là, discret, permanent, fondamental. Et l’attention qu’on lui porte, si discrète soit-elle, peut transformer durablement son confort quotidien, son plaisir, sa santé. Ce qui commence par de la curiosité anatomique mène, assez naturellement, à une forme de bienveillance envers soi. C’est peut-être ça, le vrai point de départ du soin.

Vos questions sur le périnée : anatomie, signaux et consultation

Qu’est-ce que le périnée exactement ?

Le périnée est l’ensemble des muscles et des tissus mous qui ferment le bas du pelvis, entre le pubis et le coccyx. Il soutient les organes pelviens (vessie, utérus, rectum) et contrôle les sphincters urinaire et anal. Chez la femme, il est traversé par trois orifices : l’urètre, le vagin et l’anus.

Quelle différence entre périnée et plancher pelvien ?

Les deux termes désignent la même réalité anatomique. « Plancher pelvien » est l’expression clinique courante, utilisée par les médecins et les kinésithérapeutes. « Périnée » est le terme anatomique historique. Dans la pratique, ils sont employés de manière interchangeable.

Comment savoir si mon périnée est affaibli ?

Les signes les plus courants sont : des fuites urinaires lors d’un effort (toux, éternuement, rire, saut), une sensation de pesanteur ou de pression dans le bas du ventre, des douleurs lors des rapports sexuels, ou une difficulté à retenir les gaz. Ces symptômes méritent une consultation : un bilan périnéal permet d’évaluer le tonus musculaire et d’orienter vers la prise en charge adaptée.

Quand faut-il consulter un spécialiste pour son périnée ?

Dès l’apparition d’un des signes d’affaiblissement, ou de façon préventive après un accouchement. La rééducation périnéale est d’autant plus efficace qu’elle commence tôt. Votre médecin, sage-femme ou gynécologue peut vous orienter vers un(e) kinésithérapeute spécialisé(e) ou une sage-femme pratiquant la rééducation pelvi-périnéale.

La rééducation périnéale est-elle remboursée ?

Oui, dans plusieurs situations. Après un accouchement, 10 séances sont prises en charge par l’Assurance Maladie sur prescription. Dans d’autres contextes (incontinence urinaire, prolapsus), la prise en charge dépend de la prescription médicale et de votre parcours de soins : renseignez-vous auprès de votre médecin ou de votre caisse d’assurance maladie.

Sources

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