Baisse de libido dans le couple : comprendre ce qui se passe et retrouver l’envie

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ℹ️ Information médicale : Cet article est rédigé à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. Si vous ressentez une baisse durable du désir ou si cela vous cause de la souffrance, consultez votre médecin, gynécologue ou sexologue.

L’essentiel à retenir

La baisse de libido dans le couple est une expérience fréquente, qui peut toucher à n’importe quelle étape de la vie.

  • Les causes sont souvent multiples et intriquées : hormones, fatigue, stress, tensions non dites, effets de certains médicaments.
  • Selon l’enquête nationale CSF 2023 (Inserm et Santé Publique France), près de 44 % des femmes déclarent avoir eu des rapports sexuels sans en avoir envie, pour faire plaisir à leur partenaire.
  • En parler, sans culpabilité ni accusation, est généralement la première étape la plus utile.
  • Des pistes concrètes existent : hygiène de vie, réduction du stress, redéfinition de l’intimité, consultation d’un sexologue ou d’un thérapeute de couple.
  • Une baisse de libido n’est pas un signe que l’amour s’en va. C’est souvent une information sur ce qu’on traverse.

Il y a des périodes où l’envie est là, naturelle. Et puis, sans prévenir vraiment, elle se fait plus discrète. Pas forcément absente, mais moins présente, moins spontanée. Beaucoup de femmes vivent ça à un moment ou à un autre, souvent en silence, parfois avec une vraie culpabilité.

Comprendre d’où vient la baisse de désir, c’est déjà commencer à y répondre différemment. Sans dramatiser, et sans s’y perdre.

La baisse de libido dans le couple, une expérience bien plus partagée qu’on ne le croit

La baisse de libido dans le couple est beaucoup plus répandue que les représentations collectives ne le laissent croire. L’enquête nationale sur les sexualités en France (CSF 2023), menée par l’Inserm et Santé Publique France, le montre avec des données solides : la fréquence des rapports sexuels a diminué depuis les années 1990. Les femmes entre 18 et 69 ans déclaraient en moyenne 8,1 rapports par mois en 1992, contre 6,0 en 2023. Et 43,7 % d’entre elles disent avoir eu des rapports sans en avoir véritablement envie, pour leur partenaire.

Ces chiffres ne sont pas là pour alarmer. Ils sont là pour nommer quelque chose que beaucoup vivent sans le formuler : le désir fluctue, dans tous les couples, à toutes les étapes de la vie.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la santé sexuelle comme « un état de bien-être physique, mental et social eu égard à la sexualité », et non simplement comme l’absence de trouble. Une libido qui varie n’est donc pas forcément un problème médical. C’est souvent une réponse normale à un contexte de vie, à une période particulière, à ce que traverse un couple.

Ce qui peut devenir problématique, en revanche, c’est quand la baisse de désir s’installe durablement et génère de la souffrance, chez l’une ou les deux personnes du couple. Et là, comprendre les causes change tout.

Couple assis dos à dos au bord d'un lit, exprimant une distance et un éloignement dans la relation

Ce qui peut faire baisser le désir

La baisse de libido est rarement monocausale. Plusieurs facteurs peuvent coexister, se renforcer, et s’installer progressivement. En identifier certains aide déjà à dédramatiser, parce qu’on comprend que ce n’est pas « un problème de couple », c’est souvent quelque chose qui se passe dans le corps ou dans la vie.

Les fluctuations hormonales

Chez la femme, le désir est étroitement lié aux oestrogènes et, dans une moindre mesure, à la testostérone. Ces hormones varient au fil du cycle menstruel, mais aussi lors de grandes transitions physiologiques : grossesse, post-partum, périménopause et ménopause.

Après l’accouchement, la prolactine, l’hormone de la lactation, inhibe naturellement la libido pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. C’est physiologique, et non un signe que quelque chose ne va pas dans la relation. De même, à la ménopause, la chute des oestrogènes peut provoquer une sécheresse vaginale, une sensibilité moindre, et un recul du désir. Ces effets concernent aussi le périnée après la ménopause, et méritent d’être évoqués avec un gynécologue plutôt que d’être subis en silence.

Selon les Manuels MSD, environ 12 % des femmes présentent des troubles de la fonction sexuelle d’origine hormonale. Ce chiffre, issu d’études américaines, donne une idée de l’ampleur du phénomène. La bonne nouvelle : ces troubles sont souvent temporaires ou traitables.

La fatigue et la charge mentale

Le stress est l’un des facteurs les plus documentés dans la baisse du désir féminin. Quand le cortisol, l’hormone du stress, est constamment élevé, le corps met en veille tout ce qu’il juge non essentiel à court terme. Et le désir sexuel en fait partie.

La charge mentale amplifie ce phénomène. Gérer les plannings, les rendez-vous médicaux des enfants, les courses, les dossiers au travail… Le cerveau ne peut pas basculer facilement vers le désir quand il tourne en permanence. La libido a besoin, elle, d’un peu d’espace intérieur, histoire de « lâcher » avant de s’ouvrir à l’autre.

Les variations hormonales du cycle jouent aussi sur l’humeur et l’énergie disponible : le syndrome prémenstruel, par exemple, peut intensifier la fatigue émotionnelle et physique dans les jours précédant les règles, ce qui affecte directement la disponibilité au désir.

Les médicaments qui peuvent impacter la libido

Certains traitements sont connus pour affecter le désir. C’est notamment le cas des antidépresseurs de type ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine), des anxiolytiques, de certains antiépileptiques, et de la contraception hormonale dans une partie des cas.

La pilule peut, chez certaines femmes, réduire la testostérone libre et, avec elle, la sensibilité sexuelle. Cela ne touche pas toutes les femmes de la même façon. Si vous suspectez qu’un médicament affecte votre désir, ne l’interrompez jamais seule : parlez-en à votre médecin. Des alternatives existent souvent.

Les tensions relationnelles et la routine

Le désir est particulièrement sensible au contexte émotionnel du couple. Un non-dit, une rancune accumulée, une blessure ancienne pas vraiment résolue, peuvent agir comme un frein invisible. Parfois, la baisse de libido n’est pas la cause d’un problème dans la relation : elle en est le symptôme.

La routine, elle aussi, joue un rôle. Le cerveau est câblé pour la nouveauté, et ce qui est prévisible l’intéresse moins. Ce n’est pas un manque d’amour, c’est de la neurobiologie. La banalisation des rituels du couple, le manque de moments vraiment partagés, la disparition des petites attentions, peuvent progressivement éroder l’espace intérieur dans lequel le désir aime se déposer.

Couple au lit, l'homme cherche à dialoguer tandis que la femme reste fermée, bras croisés et regard ailleurs

En parler avec son partenaire, sans culpabilité

En parler avec son partenaire est souvent la partie la plus difficile de l’équation, et pourtant l’une des plus utiles. Beaucoup de femmes hésitent, par peur de blesser, de déclencher une crise, ou de se sentir « en tort ». Mais garder le silence crée souvent plus de distance que la conversation elle-même.

Quelques repères pour aborder le sujet en douceur :

  • Choisir le bon moment : pas après un désaccord, pas tard le soir quand les deux sont épuisés. Plutôt dans un moment calme, en dehors de la chambre.
  • Parler de soi, pas de l’autre : « j’ai besoin de moins de pression autour du sexe en ce moment » est une phrase ouverte. « Tu me demandes trop souvent » est une accusation. La différence est importante.
  • Nommer sans dramatiser : « je traverse une période où l’envie est moins là, je ne sais pas exactement pourquoi » est honnête et non catastrophiste. C’est une invitation au dialogue, pas au procès.
  • Rappeler ce qui est là : l’intimité émotionnelle, la tendresse, l’attachement. Le désir n’est pas toute la relation, et le rappeler à voix haute, ça soulage les deux.

Les différences de désir dans un couple sont fréquentes, et elles ne signifient pas une incompatibilité fondamentale. Ce qui complique les choses, c’est souvent le silence autour d’elles, pas les différences elles-mêmes. Parfois, juste mettre des mots dessus change quelque chose, même si rien n’est « résolu ».

Des pistes concrètes pour retrouver l’envie

Des pistes existent pour retrouver le désir, et elles commencent souvent hors du lit, dans ce qu’on fait de sa vie quotidienne et de son bien-être.

Prendre soin de son bien-être global

La libido n’est pas un bouton. Elle se nourrit de tout ce qui contribue à l’état intérieur : qualité du sommeil, activité physique régulière, alimentation équilibrée, moments de plaisir non sexuels. L’activité physique, en particulier, a un effet bien documenté sur le désir : elle réduit le cortisol, améliore l’image corporelle, et stimule la dopamine.

Apprendre à identifier ses propres besoins, à les formuler, à leur faire de la place dans le quotidien, c’est souvent un terreau inattendu pour le retour du désir. Ce n’est pas égoïste, c’est précisément ce qui rend disponible à l’autre.

Réinventer l’intimité du couple

L’intimité ne se réduit pas aux rapports sexuels. Retrouver du plaisir dans des formes d’intimité non sexuelle : massage sans attente de suite, moment complice, surprises, activité nouvelle ensemble, conversation sur ce qu’on aimerait explorer… peut, paradoxalement, faciliter le retour du désir en allégeant la pression.

Ce qui relance le désir n’est pas universel. Certaines femmes ont besoin de plus de sécurité émotionnelle, d’autres de plus de nouveauté, d’autres encore de retrouver un espace à elles avant de pouvoir revenir vers l’autre. Notre dossier sur la libido féminine explore ces nuances en profondeur.

Quand consulter un professionnel ?

Si la baisse de désir dure depuis plus de quelques mois, génère de la souffrance ou que les tentatives de dialogue n’aboutissent pas, consulter est tout à fait indiqué. Ce n’est pas un aveu d’échec, c’est prendre soin d’une dimension importante du bien-être.

Plusieurs professionnels peuvent accompagner selon les situations :

  • Gynécologue : pour évaluer la dimension hormonale, adapter la contraception, ou orienter vers un traitement si nécessaire
  • Médecin traitant : pour identifier un facteur médical ou médicamenteux
  • Sexologue : pour explorer les dimensions psychologiques et relationnelles du désir
  • Thérapeute de couple : si les tensions relationnelles semblent au coeur de la situation

La sexothérapie, en particulier, est une approche reconnue pour accompagner les troubles du désir. Elle ne se limite pas à des conseils pratiques : elle aide à comprendre ce que le corps et la relation cherchent à dire.

Le désir est une chose vivante. Il se rétracte, il revient, il change de forme. Ce que les études sur la sexualité montrent aussi, au fond, c’est que les couples qui traversent ces périodes creuses et qui arrivent à en parler en sortent souvent avec une intimité plus solide que ceux qui n’ont jamais eu à la chercher. La baisse de libido n’est pas forcément une perte, parfois c’est une invitation à découvrir autrement ce que signifie être vraiment proches l’une de l’autre.

Vos questions sur la baisse de libido dans le couple

La baisse de libido dans le couple est-elle fréquente ?

Oui, très fréquente. Selon l’enquête nationale CSF 2023 menée par l’Inserm et Santé Publique France, la fréquence des rapports sexuels a diminué depuis les années 1990, et près de 44 % des femmes déclarent avoir eu des rapports sans en avoir envie. Le désir fluctue dans la vie de la grande majorité des couples, à des moments différents.

Quelles hormones influencent la libido chez la femme ?

Le désir féminin est principalement lié aux oestrogènes et à la testostérone. Ces hormones varient au fil du cycle menstruel, mais aussi lors de grandes transitions : grossesse, post-partum, périménopause, ménopause. Une contraception hormonale peut aussi modifier ces équilibres chez certaines femmes. En cas de doute, un bilan hormonal avec le gynécologue permet d’y voir plus clair.

Comment aborder la baisse de libido avec son partenaire ?

L’idéal est de choisir un moment calme, en dehors de la chambre, et de parler de son propre vécu sans accuser l’autre. Des formulations centrées sur soi (« j’ai besoin de moins de pression », « je traverse une période difficile ») ouvrent le dialogue plus facilement que des reproches. Rappeler ce qui est là dans la relation, au-delà du sexe, aide aussi les deux partenaires à ne pas se sentir en faute.

Sources

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